Risques de l’investissement en bourse : ce que vous devez savoir

Investir, ce n’est pas placer son argent en sécurité. C’est accepter une part de risque en échange d’un rendement espéré. Cette page recense, en langage clair, les principaux risques auxquels un investisseur particulier français est exposé. Lisez-la avant tout autre contenu d’Investalys, parce qu’elle conditionne la lecture du reste.

Risque de perte en capital

Le premier risque est aussi le plus simple : vous pouvez perdre une partie ou la totalité du capital que vous investissez. Une action peut chuter de 80 % et ne jamais remonter. Un ETF actions large peut afficher une baisse de 50 % en quelques mois, comme observé en 2008 ou en mars 2020. Un investissement immobilier coté (SIIC) peut perdre 40 % de sa valeur en un an de hausse des taux.

Aucun produit boursier ne garantit la préservation du capital. Les seuls produits qui le font — Livret A, LDDS, comptes à terme bancaires couverts par le FGDR — ne sont pas des produits boursiers et offrent des rendements faibles, parfois inférieurs à l’inflation.

Conséquence pratique : n’investissez en bourse que des sommes dont vous n’avez pas besoin à court terme. La règle prudente : avoir, hors bourse, une épargne de précaution équivalant à 3 à 6 mois de dépenses courantes, sur un livret réglementé.

Volatilité court terme

La bourse monte et descend, parfois fortement, sur des durées courtes. Sur l’indice MSCI World, des baisses de 10 % en quelques semaines (« corrections ») surviennent en moyenne une fois par an. Des baisses de 20 % et plus (« marchés baissiers ») apparaissent en moyenne tous les 5 à 7 ans.

La volatilité n’est pas un défaut du marché : c’est sa nature. Elle est statistiquement compensée, sur le long terme, par un rendement réel positif (de l’ordre de 5 à 7 % par an net d’inflation pour les actions des pays développés sur le siècle écoulé, à titre indicatif et sans garantie d’extrapolation). Mais ce rendement n’est délivré qu’aux investisseurs qui restent investis durant les baisses.

Conséquence pratique : un horizon d’investissement boursier sérieux commence à 5 ans, idéalement 8 ans ou plus. En dessous, la probabilité de devoir vendre dans une phase de baisse devient significative.

Risque de liquidité

La liquidité, c’est la capacité à acheter ou vendre un actif rapidement, dans un volume normal, sans subir un écart de prix anormal. Une action du CAC 40 est très liquide : vous achetez et vendez à la seconde. Une micro-capitalisation ou une action étrangère exotique peut être beaucoup moins liquide : un ordre de vente significatif peut faire chuter le cours de plusieurs pourcents avant d’être servi.

Certains produits non cotés présentent un risque de liquidité encore plus marqué : SCPI (préavis et délai de retrait), private equity (engagement sur 8 à 10 ans), certains fonds obligataires lors de tensions de marché.

Conséquence pratique : avant d’investir, vérifiez le volume quotidien moyen de l’actif, les conditions de sortie pour les produits non cotés, et la part de votre patrimoine que vous immobilisez.

Risque de change

Si vous investissez sur un actif libellé en USD, GBP, JPY ou toute devise différente de l’euro, votre rendement final dépend non seulement de la performance de l’actif, mais aussi de l’évolution du taux de change.

Exemple chiffré : si le S&P 500 progresse de 10 % en USD sur une année, mais que l’euro s’apprécie de 8 % face au dollar dans le même temps, votre rendement net en euros n’est plus que d’environ 1,9 %. Inversement, une dépréciation de l’euro amplifie le rendement.

Certains ETF proposent une couverture de change (suffixe « hedged » ou « EUR-H »). Cette couverture coûte typiquement 0,1 à 0,3 % de TER additionnel et ne supprime pas tout risque résiduel.

Conséquence pratique : sur le long terme, la diversification géographique vaut souvent mieux que la couverture systématique du change. Mais en connaître le mécanisme évite les surprises.

Risque émetteur et risque courtier

Deux risques distincts à ne pas confondre :

Risque émetteur

Si vous détenez des obligations d’une entreprise et que celle-ci fait faillite, vous subissez une perte. Si vous détenez des actions d’une entreprise qui est liquidée, vos actions peuvent valoir zéro. Ce risque est inhérent au titre, indépendant du courtier.

Risque courtier

Si votre courtier fait faillite, vos titres ne disparaissent pas — ils sont juridiquement séparés du bilan du courtier (ségrégation). En pratique cependant, la procédure de récupération peut être longue et imparfaite.

Pour les courtiers français agréés AMF/ACPR, le FGDR (Fonds de Garantie des Dépôts et de Résolution) protège vos avoirs jusqu’à :

  • 70 000 € par investisseur et par établissement pour les titres.
  • 100 000 € par déposant et par établissement pour les espèces détenues sur le compte.

Pour les courtiers européens (par exemple, courtiers domiciliés en Allemagne ou aux Pays-Bas), des systèmes nationaux équivalents s’appliquent, généralement à hauteur de 20 000 € pour les titres au minimum, parfois beaucoup plus selon le pays. Pour les courtiers britanniques (Royaume-Uni hors UE), le FSCS couvre jusqu’à 85 000 GBP. Vérifiez systématiquement la couverture applicable à votre courtier dans la documentation officielle.

Conséquence pratique : pour un patrimoine boursier important, envisagez de répartir vos avoirs entre au moins deux courtiers.

Risque psychologique

C’est sans doute le plus sous-estimé. La majorité des sous-performances individuelles ne viennent pas du marché, mais des décisions émotionnelles : vendre dans le creux après une chute de 25 %, acheter au sommet après une hausse de 40 %, abandonner un plan de versement programmé après six mois de baisse, surconcentrer le portefeuille sur l’action « hype » du moment.

Les études académiques (Dalbar, Vanguard, Morningstar) estiment cet écart de comportement entre 1 et 3 % de rendement par an perdu en moyenne par l’investisseur particulier face au marché. Sur 30 ans, cela peut représenter 30 à 50 % du capital final.

Conséquence pratique : un plan d’investissement écrit, des versements programmés automatiques, et une consultation espacée du portefeuille (mensuelle ou trimestrielle) protègent davantage votre rendement que la sélection du « meilleur ETF ».

Risque informationnel

Internet regorge de contenus financiers de qualité très inégale. Les forums, réseaux sociaux et chaînes vidéo populaires diffusent régulièrement des informations imprécises, datées, voire intentionnellement trompeuses. Le risque de prendre une décision majeure sur la base d’une analyse fausse est réel.

Conséquence pratique : croisez systématiquement vos sources, privilégiez les documents officiels (KIID/KID, prospectus, rapports annuels), et méfiez-vous des promesses de rendement chiffrées sans intervalle de confiance ni mention du risque.

Recours et protection : l’AMF

L’Autorité des Marchés Financiers est le régulateur français des marchés et des prestataires de services d’investissement. Elle :

  • Agrée les courtiers et conseillers en investissement actifs en France.
  • Publie des listes noires de plateformes non autorisées.
  • Met à disposition un service d’information gratuit : AMF Épargne Info Service (01 53 45 62 00), qui répond aux questions des particuliers.
  • Reçoit les médiations en cas de litige avec un prestataire.

Avant d’ouvrir un compte chez un courtier que vous ne connaissez pas, vérifiez son agrément sur le registre REGAFI de la Banque de France et consultez les listes noires AMF.

Synthèse en cinq règles

  1. N’investissez en bourse que ce dont vous n’aurez pas besoin avant 5 à 8 ans.
  2. Conservez une épargne de précaution hors bourse équivalant à 3 à 6 mois de charges.
  3. Diversifiez : par classe d’actifs, par zone géographique, par devise, et par courtier au-delà de certains montants.
  4. Méfiez-vous de vous-même autant que du marché : les pertes les plus douloureuses naissent de décisions émotionnelles.
  5. Vérifiez l’agrément du courtier et la couverture investisseurs applicable avant tout dépôt.

À titre informatif uniquement, ne constitue pas un conseil en investissement. Pour un conseil personnalisé, consultez un Conseiller en Investissement Financier inscrit à l’ORIAS.


Dernière mise à jour : 5 mai 2026