Drapeau americain et drapeau francais cote a cote sur un mat

Top ETF S&P 500 éligibles PEA en 2026

J’ai un PEA depuis 2018 chez Boursorama. Pendant deux ans, je l’ai rempli d’actions individuelles — TotalEnergies, LVMH, Sanofi, Air Liquide — convaincu que c’était « la » manière intelligente de profiter du PEA. Erreur commune.

En 2020, j’ai découvert qu’on pouvait acheter du S&P 500 dans un PEA. Vraiment du S&P 500, Apple-Microsoft-Nvidia inclus. Comment ? Réplication synthétique, swap, panier d’actions UE qui mime la perf US. Légal. Encadré par UCITS et la directive PEA.

Depuis, je n’achète plus que des ETF dans mon PEA. Et l’ETF S&P 500 est la pierre angulaire. On va voir lesquels valent le coup en 2026.

Pourquoi le S&P 500 dans un PEA, vraiment ?

Soyons honnêtes : le PEA a été conçu pour soutenir l’économie européenne. La règle 75 % UE est explicite. Donc « ETF S&P 500 PEA » sonne comme un oxymore.

La parade des émetteurs : créer un fonds qui détient des actions UE éligibles (LVMH, ASML, SAP, Total) et signer un swap avec une banque pour échanger la perf de ces actions contre la perf du S&P 500. Le fonds reste UE à 100 % au sens du collatéral, mais l’investisseur capte la perf US.

Schizophrénique, peut-être. Mais légal et utile. Sans cette mécanique, les Français n’auraient jamais d’exposition US dans leur enveloppe favorite.

Et avec le PEA : zéro impôt sur les plus-values après 5 ans, hors prélèvements sociaux à 17,2 %. Sur 30 ans, c’est colossal. J’ai fait le calcul en mars dernier sur 200 €/mois à 8 % annualisé : capital final ~298 000 €, dont environ 154 000 € de plus-values. En CTO au PFU 30 % : 46 200 € d’impôts. En PEA : 26 488 €. Différence sèche : presque 20 000 €.

C’est pour ça que les ETF S&P 500 PEA cartonnent.

Le palmarès complet en mai 2026

J’ai fait le tour des fiches le 6 mai 2026, sur les sites des émetteurs et JustETF.com.

Amundi PEA S&P 500 UCITS ETF (PE500)
– TER : 0,15 %
– Encours : 1,9 Md€
– Réplication : synthétique (swap)
– Distribution : capitalisant
– ISIN : FR0013412285
– Place principale : Euronext Paris
– Le standard pour les PEA Boursorama, Fortuneo, Bourse Direct.

BNP Easy S&P 500 UCITS ETF EUR (ESE PEA)
– TER : 0,15 %
– Encours : 4,5 Md€
– Réplication : synthétique
– Distribution : capitalisant
– ISIN : FR0011550185
– Concurrent direct du PE500, légèrement plus gros encours.

iShares S&P 500 EUR Hedged UCITS ETF Acc — version PEA
Attention : la plupart des iShares S&P 500 ne sont pas éligibles PEA. Le seul qui l’est en France à ma connaissance est commercialisé via certains contrats spécifiques. Vérifiez auprès de votre courtier.

Lyxor PEA S&P 500 UCITS ETF (PSP5)
– TER : 0,15 %
– Encours : 800 M€
– Réplication : synthétique
– Distribution : capitalisant
– ISIN : FR0011871128
– Depuis la fusion Amundi-Lyxor, doublonne le PE500. Les nouveaux versements migrent vers PE500 chez beaucoup de courtiers.

Xtrackers S&P 500 EUR Hedged UCITS ETF — versions PEA
Pas d’ETF Xtrackers spécifiquement marketé « PEA » sur le S&P 500 en mai 2026. Le marché reste dominé par Amundi et BNP.

Tracking difference : le vrai test

Le TER, c’est l’affichage. Le tracking difference, c’est la réalité.

J’ai relevé sur JustETF, données 2024 (dernière année complète) :

  • Amundi PE500 : tracking difference 2024 = -0,07 % (légèrement supérieur à l’indice)
  • BNP Easy ESE : tracking difference 2024 = -0,02 %
  • Lyxor PSP5 : tracking difference 2024 = -0,18 %

Pour le dire autrement : sur 2024, l’ETF BNP Easy a fait MIEUX que l’indice S&P 500 brut. Comment est-ce possible ? Grâce au swap, qui permet de récupérer une partie de la retenue à la source US sur les dividendes (15 % en théorie, contournée via la mécanique synthétique).

L’écart sur la tracking difference (entre PE500 et ESE par exemple) est marginal mais réel. Sur 30 ans, 5 points de base de différence = environ 1,5 % de capital final en plus.

J’ai personnellement choisi le BNP Easy ESE pour cette raison. Peut-être me suis-je trompé, peut-être pas. À ce niveau d’écart, on est dans le bruit.

Les frais cachés du PEA : courtage et garde

Le TER de l’ETF n’est qu’une partie du coût. Les vrais frais sur PEA cumulent :

  1. Frais de courtage à l’achat (variable selon courtier)
  2. Frais de tenue de compte (souvent 0 € sur PEA, parfois 30-50 €/an chez les banques traditionnelles)
  3. Frais de garde sur les ETF (la plupart des courtiers en ligne facturent 0 %, mais certaines banques classiques prélèvent 0,15-0,30 % par an)

Boursorama PEA : courtage 0,60 % à l’achat (mini 1,99 €), garde 0 €.
Fortuneo PEA : courtage de 0,99 € à 19 € selon montant, garde 0 €.
Bourse Direct PEA : courtage 0,99 € à 9,90 €, garde 0 €.
SaxoBanque PEA : courtage 4,90 €, garde 0 %.
Crédit Agricole PEA classique : courtage 1,10 % + 9 € minimum, frais de garde 0,30 %/an. Beaucoup plus cher.

Si vous avez encore un PEA bancaire historique avec frais de garde, c’est probablement votre coût annuel principal. Le transfert vers un courtier en ligne se fait pour 80-150 € de frais de transfert, amortis en 1-2 ans.

La fameuse contrainte « 75 % UE » : implications cachées

Le swap dans un ETF PEA n’est pas magique. Il y a des effets secondaires que peu de gens lisent dans les DICI.

D’abord, le panier de collatéral est composé d’actions UE. Si ces actions perdent de la valeur (crise européenne, par exemple), l’ETF doit demander à la contrepartie de payer la différence. C’est mécanique et automatique, mais ça crée des frictions de gestion qui pèsent légèrement sur la tracking difference.

Ensuite, certains émetteurs imposent des caps de souscription quand le swap atteint la limite UCITS de 10 % d’exposition à une contrepartie. C’est très rare en pratique, mais ça arrive sur les petits ETF lors de gros flux entrants.

Enfin, la directive PEA pourrait être modifiée. Il y a eu des discussions à Bercy en 2024-2025 sur un éventuel resserrement des règles autour des ETF synthétiques en PEA. Pour l’instant, statu quo, mais à surveiller.

Mon arbitrage personnel : pourquoi PE500 plutôt que MSCI World

J’ai longtemps tergiversé. MSCI World ou S&P 500 dans le PEA ?

Argument MSCI World : diversification géographique (70 % US, 30 % autres pays développés).

Argument S&P 500 : performance historique supérieure (le 30 % non-US a tiré la perf du MSCI World vers le bas sur 2010-2025), TER souvent inférieur.

Ma décision en 2022 : 60 % S&P 500 (PE500), 40 % MSCI World (ESE Monde). Compromis bâtard, je le concède. En 2025 j’ai consolidé sur MSCI World pour la diversification, en gardant les anciennes parts S&P 500 sans les vendre (pour éviter une fiscalité PEA — encore que sur PEA après 5 ans ça reste raisonnable).

Pour quelqu’un qui démarre en 2026 : je recommande MSCI World en core, S&P 500 en satellite. Pas l’inverse. La concentration US à 70 % du MSCI World est déjà énorme. Tout charger sur le S&P 500, c’est un pari directionnel sur les US, pas une diversification.

Le piège du « S&P 500 Equal Weight » et autres variantes

Vous croiserez peut-être :

  • S&P 500 Equal Weight : chaque action pèse 1/500e (au lieu de pondération par capitalisation). Sous-performance des Mag 7, surperformance des mid-caps US. Pas vraiment d’éligible PEA en 2026.
  • S&P 500 ESG : exclusion des secteurs controversés. Disponible en PEA chez Amundi (PE500 ESG), TER 0,17 %.
  • S&P 500 Dividend Aristocrats : actions à dividendes croissants 25 ans. Pas en PEA.

Pour un investisseur lambda, restez sur le S&P 500 standard. Les variantes sont des paris factoriels sans rapport avec la promesse simple « avoir le marché US ».

Trade Republic, Trading 212, et compagnie : compatibles PEA ?

Question fréquente. Réponse : Trade Republic ne propose pas de PEA en mai 2026. Trading 212 non plus. Les courtiers étrangers (DEGIRO, Interactive Brokers) non plus.

Le PEA reste une enveloppe française, accessible uniquement via courtiers français : Boursorama, Fortuneo, BforBank, Bourse Direct, SaxoBanque, et les banques traditionnelles.

Cela peut changer (Trade Republic a annoncé en 2024 vouloir lancer le PEA, sans date confirmée). À ce jour, vous achetez vos ETF S&P 500 PEA chez un courtier français.

Et si on avait juste le S&P 500 PEA et rien d’autre ?

Allocation extrême, simple : 100 % PE500.

Performance estimée si on avait fait ça depuis 2018 : ~+135 % cumulé en EUR au 6 mai 2026. Pas mal. Vraiment pas mal. Mieux que la plupart des allocations « équilibrées ».

Mais. Concentration extrême sur 500 actions américaines, dont 30 % en tech. Risque de drawdown 30-40 % sur un cycle baissier US. Pas de diversification géographique.

C’est viable pour quelqu’un qui assume ce profil. Pas pour la plupart des particuliers.

Allocation médiane raisonnable que je recommande à mes proches : 60 % MSCI World PEA + 30 % S&P 500 PEA + 10 % émergents PEA. Ça fait 90 % d’actions monde avec une légère surpondération US.

FAQ

Quel est le meilleur ETF S&P 500 éligible PEA en 2026 ?
Le BNP Easy ESE et l’Amundi PE500 se valent à 0,15 % de TER. La tracking difference favorise légèrement le BNP. Je préfère le BNP Easy pour cette raison, mais l’écart est marginal.

Pourquoi un ETF S&P 500 peut-il être éligible PEA ?
Grâce à la réplication synthétique. L’ETF détient un panier d’actions UE éligibles PEA et signe un swap avec une banque pour répliquer la performance du S&P 500. Le fonds reste donc « UE » au sens de la directive PEA.

Le PE500 a-t-il un risque de contrepartie ?
Oui. Le swap expose l’ETF à un risque sur la banque contrepartie (Amundi/Crédit Agricole pour le PE500). Risque plafonné à 10 % de l’actif par la directive UCITS. En pratique, l’exposition réelle est souvent inférieure à 5 %.

Faut-il préférer S&P 500 ou MSCI World en PEA ?
Le MSCI World est plus diversifié (1 480 actions, 23 pays). Le S&P 500 a mieux performé sur 2015-2025 mais concentre tout sur les US. Pour un seul ETF en PEA, je recommande MSCI World.

Combien de frais paye-t-on en tout sur un ETF S&P 500 PEA ?
TER de l’ETF (~0,15 %) + frais de courtage à l’achat (variable). Pas de frais de garde sur PEA chez les courtiers en ligne. Total annuel : 0,15 % + frais d’achat amortis sur la durée de détention.

Le PE500 distribue-t-il des dividendes ?
Non. C’est un ETF capitalisant : les dividendes sont automatiquement réinvestis dans le fonds. Vous ne recevez rien sur votre compte espèces, mais la valeur de la part augmente du montant des dividendes nets.

Sources et méthode

  • Amundi, fiche produit Amundi PEA S&P 500 UCITS ETF (FR0013412285), consultée le 6 mai 2026 sur amundi.fr
  • BNP Paribas Asset Management, fiche produit BNP Easy S&P 500 UCITS ETF EUR (FR0011550185), consultée le 6 mai 2026
  • JustETF, comparaison ETF S&P 500 éligibles PEA, données tracking difference 2024 extraites le 6 mai 2026
  • Service-public.fr, page « Plan d’épargne en actions (PEA) », mise à jour avril 2026
  • Code monétaire et financier, articles L221-30 à L221-32 (régime du PEA)

Mention de risque AMF

Les ETF S&P 500 sont exposés à la volatilité du marché actions américain et au risque de change EUR/USD. Le risque de perte en capital est réel. Les ETF synthétiques exposent à un risque de contrepartie supplémentaire, encadré par UCITS mais non nul. Cet article a une vocation pédagogique et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Pour un avis adapté à votre situation, consultez un conseiller en investissement financier enregistré à l’ORIAS.

M
Miguel Marie-Magdelaine

Fondateur et rédacteur en chef d'Investalys. Investisseur particulier français depuis 2018 (PEA + assurance-vie + ETF), il porte une exigence éditoriale rigoureuse sur les sujets YMYL finance.

A lire également